première histoire page 12

Frédérick se déplace et tire à nouveau visant chaque coude de la Dame. Les flèches traversent les avant-bras, sortant par les mains. Elle lâche sa prise, les flèches sortant d’une coudée de ses mains, les paralysent. Le grimoire s’ouvre et le chant recommence très fort.

Arthur court, saute sur Frédérick, le projette à terre. Bertrand accoure et s’assoit sur lui, attrapant ses poignets. Les morts attaquent.

Les piquiers vivants font volte face contre un danger plus grand, des morts et des possédés, la plupart terrorisés de voir ainsi leurs camarades.

Philippe voit les géants bouger à nouveau, prendre un à un le couloir, debout ou rampants. Les chauve-souris mortes suivent à petits pas.

Les morts prennent rapidement le dessus sur les vivants, les trois possédés ricanent. Le chant est tonitruant.

Les flèches tombent des mains de la Dame. Elle se baisse vers la chaîne, dont les solides maillons, longs d’une main, épais d’un pouce, luisent à la lanterne, en prend un en bouche. Elle claque sa mâchoire, croque, crache les morceaux, commence à aspirer la chaîne vers le grimoire, s’aide gauchement des coudes pour le fermer.

Seize piquiers foncent sur elle, armes en avant. Elle saisi le livre des coudes, aidée de la bouche, saute par dessus le lutrin au moment où les lames arrivent sur elle. Les premiers frappent la pierre, Les derniers l’atteignent aux avant bras et aux flancs, le reste est protégé. Adossée contre le lutrin, le grimoire ouvert contre le mur, sous un tableau représentant un livre, vingt cinq lanciers, l’île, trois navires

Philippe a vu plusieurs cadavres et morceaux de corps quitter le pièce. Le trait de fumée s’est éloigné dans l’escalier. Il y entend des petits chocs.

Arthur et Bertrand maintiennent Frédérick au sol. Arthur détache son baudrier, commence à lier son ami possédé. L’officier attaque les morts.

La chaîne avalée, elle porte le grimoire à sa bouche fermée, le trouve trop grand, un pied de large, moitié plus long, épais de cinq pouces. Bien trop large quand il est ouvert, pas facile à fermer. De ses coude elle apporte le long coté à ses lèvres, élargi son sourire, le rentre.

La moitié des morts l’attaque, les blessures sont superficielles, les fers fument. L’autre moitié recrute des camarades. L’officier est seul.

Bertrand finit de lier Frédérick. Arthur, l’arme brisée dans la main gauche, dégaine son épée, Téméraire, prend quatorze morts en tenaille.

Philippe, sans arme, voit arriver deux douzaines de chauves-souris mortes et les restes à moitié cuits d’un goéland, leur unique tentative de dîner chaud. Encore terrorisé par les ombres, il piétine les bêtes mortes, faisant sa part. De l’autre coté, la bataille fait rage, vingt quatre ennemis.

Elle claque des mâchoires sans succès, la douleur irradie de ses dents, pousse le livre contre le mur de toute sa force, il commence à plier. Le vieux mortier qui scelle au sol le lutrin commence à craquer. Les piquiers qui s’attaquent à elle jettent leur bâton, sortent les épées.

L’officier, blessé deux fois, qui se défend comme un diable, n’a pas l’habitude d’adversaires qui sont transpercés ou démembrés sans faiblir.

Elle referme le grimoire au moment ou le lutrin tombe, écrasant deux soldats morts, l’enfourne dans sa bouche et le tourne avec les coudes. Elle disloque sa mâchoire dans un claquement sec et avale ce gros morceau tout sauf arrondi, dilate son cou repoussant les os et les organes. Son pâle visage s’est coloré d’écarlate avec l’effort, un bouillonnement furieux fait place au chant funèbre tonitruant qui vient de cesser. Sa proie indigeste, bloquée par son bassin, tressaute, tente de s’échapper, des arêtes anguleuses déforment son ventre. Les morts s’écroulent. Une fumée verte nauséabonde s’échappe par son nez et ses oreilles. Le grimoire qui faisait près de la moitié de son poids cesse de se battre. Les possédés reprennent leur esprit.

Chapitrage

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