première histoire page 13

Le grimoire en trouvant son chemin par la gorge a déchiré les cordes vocales de la Dame, ses amis contents de voir les effets nécromantiques se suspendent, tour à tour la félicitent et s’inquiètent pour elle. Elle tente de répondre mais son souffle sort sans aucun son.  Elle essaie de sourire mais le visage d’Arthur transcrit de la peur et de la peine. Le bas de son visage est un trou béant. Elle tente de communiquer avec les mains en cherchant dans les souvenirs de ses quelques jours d’existence une situation semblable où les gestes on pu être utile. Bertrand avec son regard de médecin est effaré par les dégâts sur le visage agréable de la Dame. Frédérick verdit à vue d’œil, Philippe s’est détourné avec un haut le cœur. Elle cherche comment atténuer leur réaction. Elle se souvient du marchand qui avait terminé sa transaction avec le pouce levé, quand il lui avait vendu de la soie sans doute pour signifier que l’accord lui convenait ou d’une forme d’équilibre ou d’harmonie, elle lève les deux pouces en regardant tour à tour Arthur, Bertrand, Philippe et Frédérick. Bertrand comprend et s’empresse de les rassurer « Notre compagne va bien, et je pense qu’elle ne va pas tarder à récupérer sa physionomie angélique » La Dame tente d’acquiescer en secouant les pouces. Sa respiration devient sifflante, signe que son organe vocal rétrécit son calibre.

Elle commence à guérir ses blessures. Une fois la gorge et la bouche grossièrement guérie, elle coasse.

 La Dame : Je dois vous avouer, mes amis, que je préfère définitivement les petits cochons, plus agréables en bouche et bien moins fatiguant à digérer.

Arthur détache Frédérick et lui tend la main pour l’aider à se relever. Philippe rejoint tout le monde dans la salle circulaire et observe. L’un après l’autre, les deux soldats possédés émettent un râle d’agonie.

Bertrand : Ils portent de nombreuses blessures, trop et trop graves pour que je puisse les guérir, leur corps ont été poussés trop loin, trop longtemps au delà des limites humaines.

Bertrand soigne ensuite l’officier.

Bertrand : Monsieur, vous vivrez et retrouverez petit à petit l’usage de votre bras d’arme.

Arthur s’adresse à lui : Monsieur, je pense que vous veniez cherchez un grimoire maléfique qui n’existe plus. Vous avez vu le mal qu’il fait dans un endroit désolé, imaginez le dans une grande ville.

L’officier répond : Monsieur le Comte, je vous dois la vie, peut être bien plus. Je connais votre valeur. Je rapporterai à mon maître que ce livre n’était plus là et que mes hommes ensorcelés par l’endroit, pris de folie se sont entre-tués, je n’y ai réchappé que de peu par chance.

Arthur : Qu’il en soit ainsi, nous nous cacherons dans l’île en attendant votre départ. Transmettez mes salutations à Monsieur votre père. Faisons disparaître de ce lieu toute trace de notre passage.

Arthur ramasse son bouclier brisé, les éclats de son épée. Frédérick ses flèches. Philippe ramasse l’épée qu’il a lâchée apeuré et cherche sa dague qui lui a été confisquée. L’officier la trouve sur le corps d’un piquier. Bertrand jette un regard d’ensemble sur la salle et détaille les tableaux. La Dame ramasse les pièces du maillon brisé marqué par ses dents et les douze chauves-souris rongées par l’acide, profite d’être seule dans la salle oblongue pour épousseter et avaler doucement le goéland. Même dissous, le grimoire maléfique lui pèse sur l’estomac et un goût métallique et bizarre lui remonte à la bouche. Elle pense à la rivière pour s’y désaltérer abondamment.

Bertrand appelle ses camarades, ils s’approchent.

Chapitrage

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