première histoire page 4

Les quatre chevaliers se préparent, Arthur cherche son invitée, l’aubergiste lui annonce son départ de l’auberge sans bagage peu avant l’aube. Pendant le petit déjeuner, des rumeurs circulent entre les tables sur une belle fille en vert, chapardeuse, noyée après avoir combattu un paladin.

Arthur presse ses camarades, et va au port négocier un départ plus tôt avec le capitaine. Il obtient de lever les amarres dans une heure.

Le navire sur lequel il avait réservé un voyage est ventru, avec deux mats, très toilé et emporte des marchandises autant que des passagers. Il comptait laisser les chevaux en ville, mais négocie là, pour les emporter dans le bateau, le capitaine est réticent même pour trois jours. Ils tombent d’accord grâce à plus d’or, chacun rassurera son cheval à la cale, et les marchandises précieuses iront en cabine loin du crottin.

Arthur achète, à la place de la petite barque prévue à l’origine, une forte yole, seul moyen de débarquer sur l’île avec le fourrage des quatre chevaux. Sa bourse s’aplatit, il  négocie le passage d’une éventuelle autre personne, le marin content de sa matinée, offre une place dans sa cabine.

Tout le monde est à bord, le dernier cheval arrive suspendu à une vergue quand le paladin vient sur la place du port et crie le nom d’Arthur. Plus d’or en main, le capitaine fait vite établir les voiles hautes pour profiter de la brise et trancher les amarres. Le navire s’éloigne.

Marcher au fond, la tête hors de l’eau n’est pas facile avec près de neuf mètres d’eau, même en allongeant le tronc, sur la pointe des pieds. Reprenant une longueur normale, elle fait la planche sur le dos en nageant doucement le visage face au soleil. Ses blessures ont disparues sans traces. Sa tunique est ravagé, la soie rongée et ténue, aérée de trous, le plus gros là où s’était logé l’épée, la mer a lavé le sang limitant les dégâts. Le contact avec ce qui reste de l’épée lui est désagréable. Elle cueille un long laminaire et le roule deux tours autour du fort de l’épée. Puis Elle croise en huit autour des quillons, finit par la poignée où elle noue la tige par dessus le rouleau d’algue pour attacher le tout.

Le cheval suspendu, est balancé de bâbord à tribord, panique, gigote et finit par tomber sur une toile tendue au dessus d’un tas de cordages. Le navire s’éloigne peu à peu, le Paladin s’avance jusqu’au bord du quai, puis d’une voix forte, malgré les blessures au visage et au ventre :

« Arthur de Richemont, vous serez reconnu coupable de commerce avec une créature démoniaque, vos terres, vos titres, et vos biens seront saisis !! Je vous soumettrai à la question, vous serez passé à la roue, écartelé, décapité et brûlé sur le bûcher!! Vos trois vassaux subiront de même !! »

Du bateau, déjà à un bon tiers d’encablure, Frédérick encoche une flèche sur l’arc qu’il tient caché derrière le plat-bord, le tend et lève. Souple sur ses genoux, épousant les mouvement du bateau, il décoche dans un geste délié. La flèche franchit l’espace en vibrant et se fiche dans le cou du Paladin qui ne porte plus son armure et n’est pas protégé par son gorgerin, la flèche passe par la pomme d’Adam, se glisse entre ses cordes vocales, terminant sa plaidoirie, trouve son chemin entre deux vertèbres pour ressortir derrière. Il a une expression de surprise puis un flamboiement de colère dans les yeux, avant de basculer en avant dans l’eau. Il coule rapidement et personne autour ne sait nager.

Le capitaine lance des ordres et le navire prend rapidement de la vitesse, quitte la baie qui protège le port à une belle allure vers le sud.

Elle voit arriver un navire, fait signe et entend aboyer des ordres. Le bateau s’arrête près d’elle, une échelle de corde descend, elle monte. Arrivée en haut, un homme s’adresse à elle : « je suis le capitaine de ce navire, j’imagine que vous êtes l’invitée du Comte Arthur de Richemont, pas d’entourloupe sinon vous retournez à l’eau plus vite que vous en êtes sortie. » Il lance des ordres, le navire reprend de la vitesse.

Elle dégouline sur le pont. La vision d’une naïade dénudée voluptueuse à la peau claire fige les marins plus fort que le chant des sirènes. Sa tunique verte, mouillée et transparente, ajourée par endroits met en valeur ses rondeurs, sa taille fine, ses cuisses galbées et fuselées. Du coté gauche, un globe généreux tend l’étoffe fine, un téton hardi, durci par l’eau fraîche forme un petit chapiteau. De l’autre coté, nu, son jumeau d’une couleur laiteuse, contraste avec son centre rouge comme le milieu d’une cible. Son dos parfaitement dessiné par ses muscles, sa taille fine, ses hanches larges, terminés par des sphères parfaites, confirment le nombre d’or et l’existence d’un Créateur inspiré.

Chapitrage

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