Captif

Les vrais lits sont rares, même dans les châteaux.

Arthur est arrivé quasiment mort au château que lui confère son titre, où l’a rejoint sa mère, Jeanne de Navarre, Reine d’Angleterre.

Il a été laissé pour mort à la Bataille d’Azincourt, puis capturé sans difficulté et emmené en captivité en Angleterre.

Il avait perdu beaucoup de sang, trop pour survivre. Son corps et ses membres étaient glacés et sans force. Il ne devait sa vie qu’à un miracle et pourtant ce n’était pas la première fois qu’il se vidait de son sang, mais cette fois, inconscient, bloqué sous son destrier, entouré des cadavres de la fine fleur des chevaliers bretons, qu’il avait fait venir, tous fauchés dans la fleur de l’âge, il n’avait pas d’aide, pas celle de Bertrand, son fidèle ami, précepteur et confesseur qui l’avait remis sur pied bien des fois, y compris sur ce navire pirate dont il avait imbibé le pont de son sang. Il n’avait pas non plus eu l’aide de cette créature autant belle qu’étrange dont les pouvoirs auraient pu faire pencher la balance vers la victoire du parti français.