Bosquet

Il n’y a pas de vent perceptible sur la peau de son visage ou d’ailleurs pourtant le bosquet de sapins qui les abrite s’agite. Les cimes remuent du nord au sud et inversement puis de l’est en ouest et a l’envers. Puis chaque arbre dans sa direction personnelle. Les arbres très proches se frôlent les uns les autres.
La Dame : Je trouve ces arbres très agités et pourtant je ne sens pas de vent, juste les mouvement d’air qu’ils provoquent.
Arthur : Il y a peut être du vent en hauteur, comme en mer.
Frederick : Je trouve le bois de ces arbres particulièrement souple même pour des résineux.
Philippe : Ça ne dit rien qui vaille. Enfourchons nos montures et dans quelques instant ce bosquet sera loin et nos poursuivants trop surpris pour nous rattraper.
Bertrand : Réfléchissons et gardons la tête froide. Pour l’instant nous sommes à l’abri.

La Dame écoute l’air dans les ramures, sent la caresse de l’air sur sa peau. Puis tout à coup, comme une main douce sur le bombé de son épaule. Elle tourne la tête pour voir une branche d’un grand sapin qui s’est dévié d’une demi toise pour ce contact au ressenti amical. D’autres branches d’autres arbres de la même espèce s’enhardissent à la frôler ou la caresser, même venant de plusieurs toises, aidés par d’autres qui s’effacent pour les laisser passer un appendice. Même de petits arbrisseaux, pas plus grands que ses dagues, se penchent vers elle pour lui caresser le pied ou la cheville.
Plusieurs douzaines d’arbres la touchent un peu partout.
Bertrand : Sur ma foi, je n’ai jamais vu de scène pareille.
Les trois jeunes hommes sont ébastoufflés devant tant de caresses si tendres sur le corps si beau, si doux, de leur amie.
Il ne reste plus que le contact sur son épaule. L’air s’est embaumé d’une bonne odeur de résine de pin. La dame entend une voix, pas par ses oreilles, directement dans sa tête.

Voix mentale : Vôtre grandeur. Nous sommes très heureux de vôtre présence. Nous n’avons plus vu l’une de vos sœurs depuis tellement longtemps qu’elles appartiennent aux légendes qu’on se raconte l’hiver pour passer le temps. De tous temps les bipèdes avec des haches nous prennent pour des êtres immobiles et insensibles, voir pour rien du tout avec la nouvelle religion qui s’est abattue sur la contrée.

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